Je vis dans un quartier, disons, ordinaire…Un quartier populaire, beaucoup de monde, une ribambelle d’enfants, il s’agit de Lazaret. Ici, les maisons à cours communes poussent comme des dos d’ânes sur nos routes. Dans la nôtre, il y a sept familles, oui que des familles parce que le bailleur n’accepte pas les célibataires, « ils ne restent pas tranquille » dit-il.
Ici la journée commence relativement tôt ; à six heures trente déjà, les bruits d’enfants, des animaux, la fumée du réchauffage du plat de la veille pour le petit déjeuner nous envahissent. D’ailleurs, on a intérêt à se réveiller tôt si on veut arriver au travail à l’heure : il n’y a que deux toilettes dans la maison. C’est donc la queue pour faire ses besoins et/oupour prendre sa douche. Heureusement dans cette atmosphère, tout le monde fait de son mieux pour que l’harmonie règne dans la maisonnée. Enfin… Presque tout le monde.
Connaissez-vous ce genre de voisine, voiles longs comme pour quatre personnes, toujours dans sa robe marinière, yeux globuleux et sourire narquois aux lèvres ??? Si si vous la connaissez sûrement… La mienne s’appelle Asmaou mais tout le monde l’appelle tout bas « Lotti gna » au quartier. Aaah Lotti gna, spécialiste des ragots en tous genres, un vrai agent du FBI à la nigérienne. Elle ne pense pas à mal, mais elle ne peut s’empêcher de colporter.
Je me rappelle du jour où mon mari m’a appelé au téléphone : « Allô chérie, je viens d’être nommé Directeur des Ressources Humaines de ma boîte. J’arrive te prendre on va aller fêter ça, fais-toi belle ». J’étais tellement enjaillée. Je me suis pomponnée et à peine j’entends le bruit de sa moto, voici Lotti gna qui sort de sa petite cour suivie des autres voisines et lui dit : « Félicitations voisin, j’espère que tu ne vas pas nous oublier ooh ». On était bouche bée ; quelqu’un qui a des oreilles on dirait antenne d’Orange il faut s’en méfier.
Quand Lotti gna est à la maison, tu entends même les mouches voler tellement chacun chuchote sous son toit, personne ne veut être à la une au journal du quartier de six heures. Parfois je me demande même comment elle fait : si tu cherches une information, c’est la personne à voir. Même si tu rotes au goudron, une fois arrivée à son niveau elle te dira ce que tu as mangé de la journée : une vraie pro mdr.
Les femmes du quartier lui donnent parfois quelques sous pour avoir le dossier sur leurs maris, et les parents pour les renseigner sur ce que font leurs enfants quand ils ont le dos tourné. Mais ce qu’ils ignorent, c’est que les « surveillés » banquent tout autant pour avoir la paix. Au final, elle s’enrichit cette bonne vieille Lotti gna. À ce rythme, elle va construire maison et nous laisser notre belle vieille bâtisse commune.
Habitants de Lazaret, vous êtes prévenus lol
Et vous, avez-vous votre fameuse Lotti gna dans le quartier ?


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